Un pilote célèbre reste souvent associé à une voiture précise : une monoplace championne du monde, une sportive victorieuse sur route ou une série spéciale qui porte son nom. Ces associations circulent pourtant avec beaucoup d’approximations. Cet article ne retient que des liens documentés : les voitures réellement pilotées en course, les palmarès vérifiables et les modèles de route qu’un constructeur a officiellement liés à un pilote.
À retenir
- Michael Schumacher compte sept titres mondiaux ; sa Ferrari de référence est la F2004, avec laquelle il remporte 13 Grands Prix en 2004. Aucune source ne le relie à une Ferrari Testarossa.
- Ayrton Senna décroche son premier titre en 1988 sur la McLaren MP4/4, victorieuse de 15 courses sur 16 cette saison-là.
- Stirling Moss et Denis Jenkinson gagnent les Mille Miglia 1955 sur la Mercedes-Benz 300 SLR n° 722 ; ce numéro a donné son nom à une série spéciale de la SLR McLaren en 2006.
- Paul Newman a terminé 2e des 24 Heures du Mans 1979 sur une Porsche 935, et Steve McQueen 2e des 12 Heures de Sebring 1970 sur une Porsche 908.
Pilote célèbre et voiture de légende : ce que l’on peut vraiment affirmer
Les palmarès officiels et les archives des constructeurs ou des organisateurs de course permettent de relier un pilote à une voiture sans risque d’erreur. Les listes du type « la voiture préférée de… » mélangent, elles, faits, rumeurs et confusions. Des listes en ligne associent ainsi Michael Schumacher à une Ferrari Testarossa ou Steve McQueen à une Aston Martin DB5, sans aucune source pour l’étayer. Nous avons donc retenu trois types de liens :
- les voitures de course pilotées et leurs résultats ;
- les titres de champion du monde, vérifiables saison par saison ;
- les modèles de route qu’un constructeur a officiellement dédiés à un pilote.
Les collections personnelles et la vie privée des pilotes n’entrent pas dans ce cadre.
Les champions de Formule 1 et leurs monoplaces
Juan Manuel Fangio, cinq titres dans les années 1950
L’Argentin est champion du monde en 1951 avec Alfa Romeo, en 1954 avec Maserati puis Mercedes, en 1955 avec Mercedes, en 1956 avec Ferrari et en 1957 avec Maserati. En 1955, il devance au championnat son coéquipier Stirling Moss, qui court comme lui pour Mercedes-Benz sur la monoplace W 196 R.
Mario Andretti et la Lotus 79
Champion du monde 1978 avec Lotus et un moteur Ford, Mario Andretti reste attaché à la Lotus 79, surnommée « Black Beauty » pour sa livrée noir et or. C’est la première Formule 1 à tirer pleinement parti de l’effet de sol. Animée par un V8 Ford Cosworth DFV, elle remporte six Grands Prix en 1978 et offre aussi à Lotus le titre des constructeurs.
Ayrton Senna et la McLaren MP4/4
En 1988, la McLaren MP4/4, propulsée par le V6 turbo Honda RA168E et confiée à Ayrton Senna et Alain Prost, remporte 15 des 16 courses de la saison. Senna y signe 13 pole positions et son premier titre mondial, tandis que McLaren s’adjuge le championnat des constructeurs. Le Brésilien est de nouveau champion en 1990 et 1991, toujours avec McLaren et Honda.
Michael Schumacher et la Ferrari F2004
Michael Schumacher a remporté sept titres : en 1994 et 1995 avec Benetton, puis cinq de suite avec Ferrari, de 2000 à 2004. La F2004, animée par un V10 (moteur 053) annoncé à 865 chevaux par Ferrari, couronne cette série : la Scuderia gagne 15 des 18 Grands Prix de 2004, dont 13 pour Schumacher, et décroche le 14e titre constructeurs de son histoire.
Niki Lauda et Lewis Hamilton, champions avec plusieurs écuries
Niki Lauda est sacré en 1975 et 1977 avec Ferrari, puis en 1984 avec McLaren et un moteur TAG. Lewis Hamilton est le seul autre pilote à totaliser sept titres, comme Schumacher : en 2008 avec McLaren-Mercedes, puis en 2014, 2015 et de 2017 à 2020 avec Mercedes.
Quand un pilote donne son nom à une voiture de route
Stirling Moss, la 300 SLR « 722 » et la SLR McLaren
Aux Mille Miglia 1955, Stirling Moss et son copilote Denis Jenkinson bouclent la course en 10 h 07 min 48 s au volant de la Mercedes-Benz 300 SLR (W 196 S) n° 722, à 157,65 km/h de moyenne : un temps jamais battu sur cette épreuve, souligne Mercedes-Benz. La même saison, Moss gagne aussi pour la marque le Grand Prix de Grande-Bretagne à Aintree, la Targa Florio et le Tourist Trophy. Il est mort le 12 avril 2020.
Mercedes-Benz a prolongé ce lien avec deux versions de la SLR McLaren, assemblée à Woking, en Angleterre. La 722 Edition (2006), limitée à 150 exemplaires et portée à 650 ch, reprend le numéro de départ de 1955, qui correspondait à l’heure de départ (7 h 22). La SLR Stirling Moss (2009), un speedster sans toit ni pare-brise inspiré de la 300 SLR, a été produite à 75 exemplaires réservés aux propriétaires de SLR.
Ayrton Senna et la McLaren Senna
McLaren a donné le nom de Senna à une supercar dévoilée en ligne le 10 décembre 2017, puis présentée au salon de Genève 2018, en hommage aux saisons du pilote dans l’équipe, de 1988 à 1993. Son V8 4.0 biturbo développe 799 ch (588 kW) et les 500 exemplaires de série ont tous été vendus.
Carroll Shelby, du Mans à la Cobra
Carroll Shelby remporte les 24 Heures du Mans 1959 avec Roy Salvadori sur une Aston Martin DBR1/300, puis arrête la compétition en octobre 1960 pour raisons de santé. Il devient constructeur : la Shelby Cobra apparaît en 1962, en associant un châssis AC Ace à un V8 Ford, suivie en 1965 de la Mustang Shelby GT350. Avec le pilote Ken Miles, il développe aussi la Ford GT40, qui signe un triplé au Mans en 1966.
Les acteurs devenus pilotes : Paul Newman et Steve McQueen
Le 10 juin 1979, Paul Newman termine deuxième au général des 24 Heures du Mans sur la Porsche 935 n° 70 de l’équipe Dick Barbour Racing, partagée avec Dick Barbour et Rolf Stommelen. On lit parfois qu’il pilotait une 935/78 : le site officiel de l’épreuve parle simplement d’une Porsche 935.
Steve McQueen se classe, lui, deuxième au général des 12 Heures de Sebring 1970 sur une Porsche 908, avec Peter Revson, rappelle Porsche. Pendant le tournage du film « Le Mans », il prend lui-même le volant d’une Porsche 917 dans de nombreuses scènes de course.
Tableau récapitulatif des associations documentées
| Pilote | Voiture | Fait vérifié | Source |
|---|---|---|---|
| Juan Manuel Fangio | Mercedes-Benz (F1) | Champion du monde 1955, devant Stirling Moss | Wikipédia, Mercedes-Benz |
| Stirling Moss | Mercedes-Benz 300 SLR n° 722 | Vainqueur des Mille Miglia 1955 | Mercedes-Benz |
| Carroll Shelby | Aston Martin DBR1/300 | Vainqueur des 24 Heures du Mans 1959 | Wikipédia |
| Steve McQueen | Porsche 908 | 2e des 12 Heures de Sebring 1970 | Porsche |
| Mario Andretti | Lotus 79 | Champion du monde 1978 | Wikipédia |
| Paul Newman | Porsche 935 | 2e des 24 Heures du Mans 1979 | 24 Heures du Mans |
| Ayrton Senna | McLaren MP4/4 | Champion du monde 1988 | McLaren |
| Michael Schumacher | Ferrari F2004 | Champion du monde 2004, 13 victoires | Ferrari |
| Stirling Moss | Mercedes-Benz SLR Stirling Moss | Série de 75 exemplaires (2009) | Wikipédia |
| Ayrton Senna | McLaren Senna | Supercar baptisée en son honneur (2018) | Wikipédia |
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Pour aller plus loin
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Sources consultées (le 7 octobre 2026)
- List of Formula One World Drivers’ Champions — Wikipédia (en anglais)
- Mercedes-Benz racing driver Sir Stirling Moss has passed away at the age of 90 — Mercedes-Benz
- McLaren MP4/4 (1988) — McLaren Racing
- Saison 2004 — Ferrari
- Paul Newman finishes second at the 1979 24 Hours of Le Mans — 24 Heures du Mans (ACO)
- Porsche America motorsports history review: Steve McQueen — Porsche Newsroom



